Les vers à compost
Par jmspaggi le Nov 17, 2008 | Dans Vermicompostage | 3 retours »
Voici quelques informations sur les vers utilisés pour le vermicompostage afin de mieux comprendre leur mode de vie et leur évolution.
Les vers utilisés habituellement pour le vermicompostage sont des vers rouges, de la famille des lombrics, portant le doux nom latin de "Eisenia foetida", aussi appelés vers rouges du fumier. Ils sont aussi souvent communément appelés vers de terre.
Ils ne sont pas originaires d’Amérique du Nord mais plutôt des régions plus tempérées. On peut aussi les retrouver en France à l'état naturel. Au Québec, vous pouvez vous procurer ces vers dans certains éco-quartiers, en contactant certains éco-citoyens ou encore chez certains commerçants comme Pousse-Menu[1]
Dépendamment des sources, la température minimale qu'ils peuvent supporter sans mourir varie aux environs de 4°C, et la température maximale aux alentours de 33°C. Mais si vous souhaitez qu'ils restent efficaces et qu'ils se reproduisent, ils convient de les garder entre 15 et 27 degrés. Ils ont besoin d'un sol humide (au moins 75%) car n'ayant pas de poumons, c'est dans l'eau de leur environnement que leur peau va puiser l'oxygène dont ils ont besoin. Si leur habitat est trop sec, cela les empêche de respirer, tout comme ils vont se dessécher à l'air libre, et mourir rapidement.
Quand les conditions deviennent trop chaudes ou trop froides, le vers doit se protéger. En cas de température trop basse, il se construit une galerie à base de mucus et de déjections puis arrête de manger et vide ses intestins. Il se met alors en boule puis s'endort. En cas de température trop haute, ou d'habitat à l'humidité trop faible, le vers arrête de travailler et rentre en Diapause où il peut perdre jusqu'à la moitié de son poids. S'il perd plus de 80% de son poids, il pourrait en mourir.
La reproduction
Les annélides (famille dont les vers à compost font partie) sont principalement hermaphrodites. Cela ne signifie pas qu'ils peuvent se reproduire tout seul. Il doit quand même y avoir fécondation et accouplement, mais chaque vers peut alors jouer le rôle du mâle ou de la femelle. Une fois fécondés, ils conservent leurs œufs dans un cocon de mucus au niveau du clitellum (anneaux plus larges situés dans la partie antérieure du ver). C'est là qu'ils se développeront. À l’éclosion, les jeunes sont identiques aux adultes. Ils vivront de 4 à 5 ans.
L'alimentation
Chaque ver consomme en théorie chaque jour plus que la moitié de son poids. Certains prétendent même qu'il peut consommer son poids en nourriture de façon quotidienne. En utilisant les enzymes de leur système digestif, ils recyclent alors les matières végétales en terreau brun foncé, riche en nutriments, vitamines, azote, phosphore, potassium, calcium, magnésium et en oligo-éléments hautement assimilables par les plantes. Il contient aussi un arsenal de micro-éléments : cuivre, fer, manganèse, zinc, bore. Pour résumer, ils produisent alors un compost écologique d'excellente qualité.
Vous pouvez nourrir vos vers avec à peu près n’importe quel déchet de cuisine. Cela comprend:
- Les restes de fruits;
- Les restes de légumes;
- Le marc de café;
- Les sachets de thé (pensez à enlever l'agrafe);
- Les coquilles d’œufs séchées et finement broyées (essentielles pour réguler l'acidité du milieu).
Il convient d'éviter de leur donner:
- Des féculents (pelures de pommes de terre, etc.);
- Des os;
- Des produits laitiers;
- De la viande et des graisses;
- De l'ail et tout autre déchet odorant.
Dans la mesure du possible, essayez de leur procurer un régime varié et d'enfoncer les végétaux dans la litière. Évitez aussi de leur donner des déchets qui prendraient trop de temps à se décomposer ou qui auraient tendance à attirer les insectes. Les aliments commencent tout d'abord par être décomposés par les micro-organismes avant d'être consommés par les vers, ces derniers n'ayant pas de dents.
Habitat
Ils vivent près de la surface du sol et assurent eux-mêmes l'aération du sol en creusant des galeries. De plus, ils sont sensibles à la lumière et aux vibrations. Il est donc recommandé de les placer dans une boîte obscure, mais pas hermétique, installée loin des appareils produisant des vibrations (réfrigérateurs, ordinateurs, etc.).
D'autres sources d'informations et d'inspiration:
[1]Pousse-Menu
Wikpedia
Scarabus Caj
Konkin-Organics
Adresse de trackback pour cet article
Trackback URL (clic droit et copier le raccourci / l'adresse du lien)
3 commentaires
Ca fait maintenant plus de 6 mois que je vis avec mes vers et tout se passe au mieux. Pas d'odeurs, pas de moucherons et d'ici à quelques semaines je pourrais séparer ma population et créer une seconde "boîte à vers". Je suis vraiment satisfaite de cette méthode de compostage, sans odeurs, ce qui m'est très utile pour éviter les invasions de ratons-laveurs dans mon jardin (ils font pas mal de dégats ici!)
J'ai fait un autre compte-rendu du compostage ici: http://orcaeyes.blogspot.com/2008/08/ma-vie-avec-les-vers.html
Bravo encore et bonne continuation avec le vermicompost :-)
Merci
Daniel
En ce qui me concerne, je ne broie pas les aliments. Je les place entiers dans le bac. Bien plus simple.
Néanmoins, si tu veux les broyer, un coups dans le "blinder" fera très bien l'affaire. Réduit les en purée. Si besoin, ajoute un tout petit peu d'eau pour faciliter. Ensuite, fait un petit faussé de 1 pouce de profondeur dans ton composte, vers le mélange dedans, et rebouche.
Tout simplement ;)
Pour ce qui est des féculents, je ne sais pas. Moi je les mets dedans aussi (pelures de pomme de terre).
Attention a ne pas mettre les pommes de terres, car elle pourrait pousser directement dans ton composte...
JM
Laisser un commentaire
| « La vie du vermicompost | Foyer 101 » |

